Les chiffres de l’édition 2017-2018

3 juillet 2018
Posted in Édition
3 juillet 2018 Fanch

Les chiffres de l’édition 2017-2018

Le Syndicat National de l’Édition vient de publier son rapport annuel, l’occasion de faire un point sur la première industrie culturelle française et les enjeux auxquels elle fait face en 2018.

Ce post n’est qu’un résumé de l’étude complète que vous pouvez retrouver sur le site du SNE.
  1. Généralités
Le chiffre d’affaire fourni est celui des éditeurs, pas la valeur totale du marché pour laquelle il faut ajouter la marge des distributeurs et libraires pour obtenir la somme totale payée par tous les clients ayant acheté un livre en 2018 en France. Sont aussi inclus dans les chiffres des cessions de droits, ventes à l’export… nous parlons bien ici du chiffre d’affaire totale réalisé par les éditeurs français.
La tendance des dernières années se confirme : le CA baisse de 1,61% à 2 792 millions d’euros et le nombre de livres vendus de 1,05% à 430 millions. Les années de campagnes électorales sont difficiles, et la bonne fin d’année n’a pas permis de rattraper un début d’année très pauvre. Il faut noter que les éditeurs accentuent le mouvement en n’ayant publié quasiment aucun livre à fort potentiel (hors top stars de type Musso) avant l’été, pour se retrouver avec un embouteillage à la rentrée.
Les cessions de droits progressent de 4,37% à 137,9 m€ et représentent désormais 4,9% du CA des éditeurs.
Les droits d’auteur sont eux en hausse de 1,64% à 476,2 m€. Ils sont passés de 10,4% à 10,6% du prix de vente du livre. Une tendance que l’on devrait voir se confirmer ces prochaines années avec les mouvement actuels autour de la précarité des auteurs.
Les tirages moyens continuent à fortement chuter : 6 742 exemplaires pour une nouveauté (-7,17%). Le chiffre en lui-même ne veut pas dire grand chose, c’est une moyenne de premiers romans et de ,Ferrante ou Musso, mais la tendance est, elle, significative. Et c’est avant les retours et le pilon…
Bilan, c’est toujours la course en avant pour les éditeurs qui n’ont jamais produit autant de livres : 104 617 références en 2017 (+1,1%), dont 47 538 nouveautés (+0,7%). En nombre d’exemplaires, cela chute par contre, avec 320,5 millions de nouveaux livres fabriqués (-6,5%) et 202,3 millions de réimpressions (-3,75%).
  1. Le Poche
Le marché du poche baisse légèrement en volume (-0,23% à 116,5 millions de livres vendus) mais progresse en valeur (+0,29% à 379,5 m€). Le poche représente 27% des exemplaires vendus et 14,3% du CA total du marché du livre.
  1. Le numérique
  1. Distribution
Aujourd’hui 75,3% des ventes de livres se font en librairie ou grande surface.
Il est intéressant de noter que 11,3% seulement des ventes se font « par correspondance », ce qui inclut les ventes par internet. Amazon a donc une implantation relativement limitée en France comparativement aux autres pays. On estime que le libraire américain représente les 2/3 des ventes totales de livres sur internet, donc leur part de marché estimée serait de 8% dans le physique, ce qui reste très raisonnable et loin des positions dominantes vues sur certains marchés anglophones, ou même en Allemagne. Le reste des ventes se via via des grossistes (8%), des clubs (1,8%), les administrations (1,3%)…
Le milieu de l’édition segmente habituellement ses clients en 4 :
Deux sergents sont en hausse, les ventes via internet (qui captent l’essentiel de la progression de +2%) et les GSS (Fnac, Centre Culturel Leclercq…). Les GSA (hyper et supermarchés), qui voient se développer les ventes en ligne et les drive-in, sont moins propices à un achat plaisir et voient leur part régulièrement s’éroder. Les librairies traditionnelles continuent de souffrir (-5,1%), avec des marges qui se compriment, moins de ventes et des frais fixes (loyers) qui progressent, les faillites se multiplient malgré les aides publiques.
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